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Votre homme, rien qu’une journée

3 1 022

Votre homme, rien qu’une journée

Ce soir peut se vanter d’être tout à fait particulier. En rentrant chez moi, j’ai trouvé ma femme assise au salon, guettant mon retour tel un accusé attendant la décision du juge. Que se passe-t-il ? Je ne le sais pas vraiment. Je lui jette un coup d’œil rapide : son visage est revêtu d’une mine grave. Qu’y a-t-il donc ?

Prestement, toutes nos années communes sont venues s’aligner dans ma mémoire. Au milieu d’elles, nos moments nos plus exquis, nos plus fous. Notre toute première rencontre dans ce bus déglingué qui roulait vers Léogâne. Nos jeux d’enfants lorsque l’on se retrouvait à deux.  La première fois qu’on a fait l’amour sur une plage à Gressier, tard dans la soirée. Cet après-midi où nous nous sommes dit « oui » pour la vie…

Je m’appelle Hector Atilus, Responsable des Ressources Humaines dans une boîte privée de la capitale. Juny est mon épouse depuis 4 ans environ et comme Nickenson Prud’homme : mwen p ap negosye l.

Au mois d’août 2017, le bureau a recruté de nouvelles têtes pour pomper du sang neuf dans l’administration. On accueillit donc 3 recrues qui avaient survécu à l’entrevue menée par le directeur lui-même et son adjoint. Ketline Larochelle intégra l’unité de communication, Belinda Doirin, les ressources humaines et enfin, Rocket Charles fit son entrée dans la section juridique. 

Le DG me chargea de mener la journée d’intégration, en tant qu’ancien et chef des ressources humaines. Je donnai une petite conférence sur la politique de la boîte, passant par son historique et les perspectives pour la nouvelle année fiscale qui allait bientôt se pointer. Belinda est venue me féliciter tout de suite après mon intervention, pour ma « concision et mon habilité à capter facilement l’attention ». Je l’ai remerciée modestement et lui ai souhaité la bienvenue chez nous.

Les mois qui suivirent son intégration, Belinda me dédia une attention particulière. Naturellement, je ne compris pas tout de suite les intentions de la jeune femme. Nous évoluons dans la même section, travaillons de concert. Je suis son supérieur immédiat, alors nous devons entretenir des rapports, nous voir, échanger. Au milieu de tous nos contacts répétés, je n’ai levé les yeux sur elle une seule fois. Cependant de son côté, elle ne peut pas en dire autant.

Tout a commencé avec un rêve. Banal. Hilarant. Elle l’avait d’ailleurs raconté, lors d’une pause, devant deux autres collègues qui, comme moi, ont dû ne pas le prendre au sérieux. Il était question d’une escapade en voiture avec elle, où elle me voyait plongé entre ses seins généreux. Les collègues ont ri, m’ont taquiné et puis on a jeté au fond des oubliettes.

Un matin de mars, elle pénétra mon bureau et me souffla (au sens propre) qu’elle était sérieuse, et qu’elle voulait que je le fasse. Faire quoi ? Je saisis à ce moment-là le sens de son rêve, ses avances à peine voilées et je procédai à la conclusion. Je lui rappelai gentiment que j’étais marié, homme heureux en ménage et que les frasques aux dépens de mon mariage ne m’arrachaient aucun intérêt. A ces mots, elle rit aux éclats ; ce qui me décontenança, (comment une femme peut-elle rire de tels propos ?) mais je ne laissai rien paraître.

Ce matin-là, je n’ai pas exagéré dans mon discours. Pas l’ombre d’une hyperbole ! Je suis effectivement un homme comblé. Au lit ? Oui, également ! Juny et moi avions eu de longues expériences ensemble, même avant notre mariage. Nous avons toujours su pimenter notre couple, notre vie sexuelle sans pour autant penser à impliquer une autre personne. Je n’ai jamais éprouvé le besoin ou encore la nécessité d’aller voir ailleurs. 

 Pourtant, j’avoue que parfois je pense à Belinda et je sens la tentation m’étreindre. A part le fait que cette femme n’est pas mal du tout (elle est sulfureuse), je convoque souvent le principe que je peux l’exciter encore plus en lui opposant une pareille existence. Je m’interroge dans les moments où je pense à elle. Me laissera-t-elle tranquille après, si un jour je cède à sa demande ? Peut-être ! Belinda a toujours été claire. Elle ne cherchait pas une relation avec moi, elle ne compte que me baiser. C’est son unique envie. 

Une énième fois, avant de quitter le bureau un après-midi, elle m’a lancé tout de go : 

– Je rêve trop de te chevaucher. Pourquoi es-tu si cruel ? 

– Il n’y a aucune cruauté dans ma décision. Je suis marié et selon mon code de vie, les hommes mariés ne se livrent pas à d’autres femmes, avançai-je.

– Tu devrais revoir ton code, Hector. On est au 21ème siècle, bon sang ! Coucher avec quelqu’un peut être un acte purement charnel. Ça n’implique aucunement ta femme. C’est ta bite que je veux, me répliqua-t-elle.

– C’était clair, Belinda. Et ça demeure ainsi. Tu le sais. Je ne tromperai pas ma femme. Tu n’auras rien de moi.

– Bon, d’accord ! Je vais devoir utiliser les grands moyens alors, conclut-elle en tournant le dos.

Mon esprit prit ces derniers propos à la légère, pensant qu’il s’agirait d’un stratagème qu’elle utiliserait pour que l’on se retrouve à deux, afin de profiter de ce moment pour me forcer à lui faire l’amour ou me violer tout simplement. Je me suis consolé, me convainquant que l’on ne se retrouverait jamais dans une telle position. Mais je ne pouvais imaginer jusqu’où Belinda était prête à aller pour avoir – ou tenter d’avoir – ce qu’elle convoite.

J’ai laissé cela passer et…

Ce soir peut se vanter d’être particulier. En rentrant chez moi, j’ai trouvé ma femme assise au salon, guettant mon retour tel un accusé attendant la décision du juge. Que se passe-t-il ? Je ne le sais pas vraiment. Je lui jette un coup d’œil rapide : son visage s’est revêtu d’une mine grave. Qu’y a-t-il donc ? Je l’embrasse. Elle me tend son téléphone allumé : une conversation whatsapp avec un seul message d’un numéro non enregistré. Je lis le message d’un trait.

Bonsoir Madame ! Vous ne me connaissez peut-être pas, mais je suis une collègue de votre mari. Je sais qu’il vous aime beaucoup, croyez-moi ! Il ne parle que de vous, au bureau. Moi, ça ne me dérange pas du tout, de toute façon je ne voulais pas l’épouser. (Vous l’avez déjà fait, d’ailleurs !) Rassurez-vous : je ne l’aime pas. Pas comme vous en tout cas. Je n’ai guère l’intention de vous le voler. Tout ce que j’espère de lui, c’est la chance de le traîner un jour dans mon lit. Il m’excite, me bouleverse, fait tremper mes sous-vêtements. Loin de moi l’idée de vouloir m’infiltrer dans votre vie conjugale, je ne peux pas vous demander une nuit avec lui. La nuit, c’est sacré. La nuit, ça doit être totalement vôtre, j’imagine. Mais durant le jour, il sort, part travailler, va se récréer. C’est une autre partie de l’existence qu’il vit sans vous, alors je ne vous enlèverai rien durant ce moment-là. Je veux votre mari pour une journée. Juste une journée ! Et après, il rentrera auprès de vous sans dégâts. Qu’en dites-vous ? 

 Je n’avais pas averti ma femme des sollicitations récurrentes de ma chère collègue. J’avais peut-être tort. J’ai toujours cru que ce désir se serait éteint aussi rapidement qu’il s’était allumé. Juste une banale histoire à raconter autour d’une bière à mes potes, mais je m’étais lourdement fourvoyé. Non, jamais je n’ai pensé que Belinda allait tenir aussi longtemps, et surtout aller aussi loin. Alors oui, peut-être que j’aurais dû tout dire à ma femme. Des explications, je vais devoir en fournir même si je n’ai strictement rien à me reprocher. J’exagère ? Ok. Pas grand-chose à me reprocher !

Juny me fixe longuement, mais ne prononce un traître mot. Moi non plus, je ne laisse couler aucune parole. J’attends. Ses premiers mots. Sa réaction. Mais rien ! Elle récupère le téléphone de mes mains et je vois ses doigts pianoter sur l’écran. Je reste calme, pourtant dans ma tête tout s’entremêle. Aucune idée de ce qu’elle écrit, aucune idée ce qu’elle va répondre à Belinda.

 Et toi, qu’aurais-tu répondu à sa place ?

 

Lire aussi>> Je suis un salaud 2

Witensky Lauvince Le Scribe

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3 commentaires
  1. Kaitse dit

    Beau texte 💫

  2. Franchesca Semé dit

    Vraiment c’est trop beau😍😍😍

  3. Sophonie MESIDOR dit

    Wowwww
    Tu me laisses avec une grande soif de connaître la suite.
    C’est une très belle histoire.
    Félicitations à l’auteur et je suis impatiente pour découvrir la fin !

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