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La souffrance (Partie I)

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À P*, à M*, à A* et à tous les autres…

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Je te vois dans ta peur de l’inconnu

Je te vois dans tes inquiétudes

Et je te comprends

Toi qui fais tout ton possible pour plaire à tout le monde

Pourquoi toi on ne veut pas satisfaire à ta demande ?

Une simple requête:

Celui d’être heureux.

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Oui, je te comprends lorsque seul dans ta chambre tu questionnes ton existence.

Tu te demandes :  suis-je un monstre?

Ne suis-je pas comme les autres?

Ma différence, fait-elle de moi un sous-homme?

N’ai-je pas le droit de vivre comme tout le monde?

Toutes ces pensées sans fin qui te taraudent.

120 battements par minutes…

Des pensées à n’en plus finir et qui te rendent anxieux.

Anxiété…

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Je te vois désespérément chercher à savoir ce qui se passe dans ton corps.

Tu muris et tu le sais bien

Tu cherches à savoir ce qui peut bien se passer

Toutes ces pensées te tournent autour…

Tu veux bien vouloir les chasser, mais rien n’y fait.

Elles sont là et elles restent comme une sangsue collée à sa proie

Elles ne te laissent pas.

Elles ne veulent pas te laisser

Tu sens que ces pensées vont maintenant faire partie de ta vie

Tu le sais bien

Et ça te fait peur

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Je te vois marcher en long et en large.

Je te vois te sacrifier pour plaire à tes parents.

Tu veux leur annoncer la nouvelle

Mais il faut que tout soit parfait

Tu ne veux pas faire de faux pas.

Tu veux que le jour soit grandiose.

Même si la peur te dévore

Elle t’anime dans ton être, cette peur

Elle s’étend dans ta chair.

Ta chair?

Parlons-en !

Tu commences à ressentir des choses.

Des choses violentes que tu n’as jamais ressenties jusqu’avant

Ton corps est en pleine convulsion

Il ne t’obéit plus

Tu n’as plus envie de le commander d’ailleurs

Tu es amusé par ces changements

Tu sens que tu deviens un homme

Ça t’effraie et ça t’amuse en même temps

Ta chair se meut et s’émeut.

C’est l’extase !

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Tous ces changements, tu les vis tout seul dans ta chambre

Ta main parcourant ton corps comme Eve parcourant le fruit interdit.

Tu apprends à te connaitre toi!

Comme tu es un jeune homme perdu qui tente de trouver sa route dans un monde sans capitaine,

Tu réponds au désir de ton corps

Tu apprends à te faire plaisir

Tu le fais avec violence

Tes oreilles se dressent

Tes pieds se détirent

Tes jambes tremblent

Ton ventre se contracte

Tes yeux s’écarquillent

Tu viens de connaitre les joies du bonheur solitaire

Tu cries d’extase …

Juste la fin du monde…

Et tu mets la main à la bouche à la dernière seconde

Non seulement parce que tu ne veux pas que l’on t’entende

Mais surtout parce qu’au moment que ta première semence sortait de tes entrailles.

Tu as crié son nom…

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Pourquoi as-tu crié son nom?

Pourquoi ne devrais-tu pas crier son nom d’ailleurs?

Il est vrai que tu étais toujours attiré par tes consœurs à l’école

A onze ans il y avait Tabitha! (Ah Tabitha et se boucles d’oreilles)

A douze ans il y avait Lena

A treize ans il y avait Mathilde,

 Mathilde ton premier baiser

Tu ne t’en souviens plus

Et puis il y a eu un béguin pour Samantha

Vingt mois de plus que toi, garçon manqué, qui montait à cheval et qui jouait très bien au hockey.

Garçon manqué…

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Je te vois dans ta chambre

Je te vois dans tes questionnements

Tu te demandes :  suis-je un monstre?

Ne suis-je pas comme les autres?

Ma différence fait-elle de moi un sous-homme?

N’ai-je pas le droit de vivre comme tout le monde?

Toutes ces pensées sans fin qui te taraudent dans la tête.

Des pensées à n’en plus finir et qui te donnent plus d’anxiété.

Oui je te vois

Oui je te comprends

Ce n’est pas parce que je ne vis pas les mêmes inquiétudes que toi que je ne te comprends pas

Je sais que tu te poses la question tous les jours

Comment leur expliquer que tu aimes les filles, mais aussi les garçons.

Car le nom que tu as crié est son nom.

 Celui d’Adrien.

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

En effet depuis quelques temps

Tu n’as d’yeux que pour Adrien

Il est ton centre

Ton univers

Plus rien d’autre n’a d’importance sur terre

Tout peut s’écrouler autour de toi peu importe, il suffit qu’Adrien soit là !

 Tu ne vis que pour lui.

Tu ne respires que pour lui.

Sa voix fluette et féminine te rassure.

Adrien est ton roc.

Tu veux dire au monde entier comment tu l’aimes

Comment tu aimes être avec lui.

Comment tu aimes la douceur de sa main dans ta main.

Mais comment expliquer cela a tes parents

Ils en ont fait toute une scène lorsque Maribelle née Jonathan était venu(e) te chercher pour une sortie entre amis.

Ton père en a fait toute une scène !

Pour l’haïtien qu’il est :

Un garçon reste un garçon, cela ne devient pas fille et cela ne côtoie surtout pas son garçon

J’étais là donc…

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Je te vois dans ta peur de l’inconnu

Je te vois dans tes inquiétudes

Et je te comprends

Toi qui fais tout ton possible pour plaire à tout le monde

Pourquoi toi on ne veut pas satisfaire à ta demande ?

Une simple requête.

Celui d’être heureux.

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Je te vois chercher désespérément chercher à savoir ce qui se passe dans ton corps.

Tu muris et tu le sais bien

Tu cherches à savoir ce qui peut bien se passer

Toutes ces pensées te tournent autour…

Tu veux bien vouloir les chasser, mais rien n’y fait.

Elles sont là et elles restent comme une sangsue collée à sa proie

Elles ne te laissent pas.

Elles ne veulent pas te laisser

Tu sens que ces pensées vont maintenant faire partie de ta vie

Tu le sais bien

Et ça te fait peur

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends

Comment expliquer ce dilemme qui te taraude.

Qui enlève ton sommeil

Qui t’empêche de dormir la nuit.

Ce dilemme qui te fait penser si fort pendant la journée.

Pourquoi es-tu différent?

Pourquoi ne pourrais-tu pas aimer des filles comme tu l’as toujours fait?

Pourquoi tout doit être toujours si complique?

Je te vois

Je te vois regarder ton frère et ta sœur qui invite leurs copains respectifs à la maison.

Toi aussi tu aimerais inviter Adrien. Même en tant qu’ami. Mais tu sais que tu ne pourras pas te retenir, il se peut que tu fasses quelque chose qui puisse t’incriminer.

Un regard, un toucher, un baiser

Tu ne peux plus de te retenir lorsque tu es avec lui.

C’était comme avec Rebecca sept mois auparavant.

Mais à la différence que le seul scandale que pourrait faire Rebecca soit le fait qu’elle soit blanche…

Je t’entends

J’entends tes inquiétudes …

Tard dans la nuit

Tu as peur…

Qu’Adrien se lasse

Lui il a grandi ici

Ses parents ne sont pas comme les tiens

Il l’accepte comme il/elle est

Lorsque parfois il/elle décide d’être Mathilda, ses parents n’arrêtent pas de le dire comme ils sont fiers de lui/d’elle

Toi.

Toi tu dois te contenter de petits baisers volés aux toilettes

On ne choisit pas la personne dont on va tomber amoureux.

Mais tu aurais donné tout l’or du monde pour que ce soit une autre personne qu’Adrien.

La semaine dernière dans la cour de chimie. Il avait pris ta main et, sans gêne, l’avait déposé entre le creux de ses jambes et l’y avait massé tout doucement

Toute ton âme s’est envolée, c’était comme un choc électrique…

Ton corps a connu des convulsions violentes…

Tu étais en train de découvrir le corps de quelqu’un d’autre pour la première fois de ta vie.

Quand on à 17 ans…

Tu as rougi de plaisir mais tu as vite fait comprendre à Adrien qu’il ne pouvait pas faire ces genres de choses en public.

Quelqu’un peut te voir et le dire à ses parents.

Il/elle n’avait pas compris.

Pourquoi il/elle ne peut pas te toucher en public

Pourquoi il/elle doit se contenter d’une accolade lorsqu’il/elle te voit après le week-end lorsque ses lèvres cherchent dangereusement les tiennes. Dans sa tête de blanc il n’arrive pas à comprendre. Vous n’êtes pas de la même culture, ses ancêtres ont colonisé les tiens, eux ils n’ont pas de traumatismes de l’esclavage qui se perpétuent durant des siècles. Tant mieux pour eux…

Il essaie de toutes ses forces de te comprendre mais il commence à avoir des doutes

Ces doutes te font peur…

Et je te comprends

Je te vois marcher en long et en large.

Je te vois te sacrifier pour plaire à tes parents.

Tu veux leur annoncer la nouvelle

Mais il faut que tout soit parfait

Tu ne veux pas faire de faux pas.

Tu veux que le jour soit grandiose.

Même si la peur te dévore

Tu veux le faire

Pourtant tu veux attendre

Rien ne presse

Tu ne peux pas affronter la fureur de ton père.

La tristesse de ta mère…

Pas encore…

Adrien comprendra…

(Comprendra-t-il/elle?)

(Encore des questionnements !)

La souffrance t’anime

Elle t’enveloppe

Tu tombes dans l’abime

Tu te terres dans ta chambre, seul

Avec tes pensées

Tu penses que personne ne te voit…

Et pourtant …

Je te vois

Je t’entends

Et je te comprends…

Carlens Laguerre

Cette histoire est une fiction tirée de faits réels

*par respect pour les personnes qui sont mineures au moment de l’écriture de ce texte et qui n’ont surtout rien demandé, j’ai préféré ne pas inclure leurs noms. Mais elles se connaitront car elles savent que je les vois, que je les entends et que je les comprends.

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