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Ma Belle-Mère

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AVIS IMPORTANT : LE TEXTE QUI SUIT ABORDE LE SUJET SENSIBLE DU VIOL. NOUS TENONS A SOULIGNER QUE CE CONTENU NE FAIT EN AUCUN CAS L’APOLOGIE DU VIOL, MAIS AU CONTRAIRE, IL VISE A LE DENONCER ET A SENSIBILISER SUR CETTE PROBLEMATIQUE GRAVE ET REPANDUE.

L’AUTEUR DE CE TEXTE ADOPTE UNE APPROCHE COURAGEUSE EN ABORDANT UN SUJET TABOU DE NOTRE SOCIETE, DANS LE BUT D’ENCOURAGER LA PRISE DE CONSCIENCE ET LE DIALOGUE CONSTRUCTIF AUTOUR DE CETTE REALITE DOULOUREUSE. NOUS INVITONS NOS LECTEURS A LIRE CE TEXTE AVEC EMPATHIE ET RESPECT, EN GARDANT A L’ESPRIT SON OBJECTIF DE SENSIBILISATION ET DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES.

J’entendis grincer doucement la porte de ma chambre que je n’avais pas le droit de fermer à clé depuis mon emménagement chez mon père et sa femme dans leur grande maison à Pétion Ville. Je sus d’emblée qui c’était pour avoir reçu cette visite tardive presque toutes les nuits depuis le jour de mon arrivée.

  • Chéri ! C’est  maman a susurré Jessica LEFRANC comme à fois qu’elle rentrait à pas de loup dans ma chambre pratiquement toute nue. Sans attendre de réponse, elle se dirigea dans mon lit, se glissa sous mes couvertures et se mit illico à la quête de ma braguette…
  • Driiing !

Non ! Ça ne peut pas être encore l’heure ! Je viens à peine de m’endormir. Comme tous les matins, depuis des mois, le réveil demeurait, pour moi, un véritable cauchemar. Car, si au début elle se contentait d’une heure, maintenant ma belle-mère s’en allait au petit matin ne me laissant que quelques heures de sommeil. Ce qui ne me faisait plus que quatre heures de sommeil par nuit, moi qui voulait à tout prix rester un écolier modèle. Pas étonnant que mes notes aient autant chutées pendant ce trimestre. Les courbatures que j’avais partout à cause de toutes les acrobaties auxquelles elle m’initiait pour « me faisait découvrir de nouveaux horizons »  n’arrangeaient en rien les choses.

  • Philippe ! C’est l’heure de se lever mon chéri, tu es en retard.

Si la nuit, elle ne le faisait pas du tout, pendant la journée Jessica se comportait comme une parfaite maman, elle me réveillait, me préparait mon petit déjeuner, m’embrassait sur le front pour me souhaiter une bonne journée, me demandait de faire attention à moi et recevait, en bonne hôtesse, mes amis quand on rentrait travailler la veille des examens. Mais je n’étais pas dupe, Jessica n’avait rien d’une maman, même si elle parvenait à tromper mon père qui lui, ne s’était jamais douté de  quoique se soit. En plus, une maman ne demanderait jamais à son fils, une lueur bizarre dans les yeux de lui lécher son intimité.

Je ne pris même pas la peine de répondre ; tel un automate, je me levai, me dirigeai vers la salle de bain qui Dieu merci se trouvait dans ma chambre, pris mon bain à la hâte et me rendis une demie heure plus tard dans la salle à manger où elle prenait le déjeuner avec mon père.

  • Bonjour ! Lançai-je essayant de paraître enjoué.
  • Bonjour fit mon père laconique.

 Il n’était pas du genre à faire la conversation.

Je me demandais d’ailleurs tout le temps comment une femme aussi bavarde et joyeuse était parvenue à supporter cette tombe sept jours sur sept pendant cinq ans.

Mon père fut pour moi un véritable mystère pendant toute mon enfance. Je le voyais toujours comme une sorte de puissance, hors de ma portée, un de ces méchants aux visages toujours sérieux et imperturbable qui peuplaient mes films préférés. Il venait me rendre visite régulièrement deux fois par mois. Elles étaient toujours très brèves, un week-end, pas plus. Sitôt après,  il repartait dans sa lointaine maison à Port-au-Prince. J’ai demandé plusieurs fois à ma grand-mère avec qui je vivais alors, pourquoi mon père ne m’emmenait jamais chez lui, même pour les vacances d’été. Elle me répondait qu’il avait beaucoup de travail et qu’il n’y aurait personne pour s’occuper de moi.

  •  Tu pourrais venir avec moi me plaignis-je souvent.
  • Ah tais-toi ! Ton père te rends visite, tu n’as pas besoin d’aller chez lui, je t’ai bien dit qu’il travaillait, il n’a que faire d’un enfant dans ses basques, tu veux le gêner c’est ça?
  • Mais j…
  • Cesse de répliquer tu veux. Vas me chercher un peu d’eau.

Ah ! Ma grand-mère ! Elle avait du caractère, le prototype parfait de la maman haïtienne. Si à l’unanimité, on admet que les grands-parents sont  tous laxistes et indulgents. Moi, je ne m’y joins sûrement pas. Ma grand-mère elle, n’était en rien conciliante et tolérante. Peut être parce qu’elle se considérait autant comme ma mère que ma mamie.  En effet, pour moi, il n’y avait jamais eu de maman pour être sévère et intraitable. Quelques jours seulement après naissance, elle avait fui le pays avec un autre homme. C’est sûrement pour ça que mon père s’était toujours tenu si loin de moi. Je lui rappelais trop celle qui l’avait plaqué.

A la mort de mamie So pourtant, durant l’été de mes treize ans, la décision de mon père que je viennes vivre avec lui me laissa de marbre. Cela faisait longtemps que j’avais moi aussi appris à aimer ma ville natale que tout le monde appelait la ville des poètes. Je n’étais plus aussi fasciné par mon père, encore moins par la vie qu’il menait loin de grand-mère et moi. Je m’étais d’ailleurs déjà fait mon idée sur lui. Il ne faisait que son devoir en venant me voir et n’avait pas envie de développer avec moi une quelconque relation père-fils. Tous les chèques mensuels qu’il nous envoyait, c’était pour lui donner bonne conscience. C’est donc le cœur lourd, endeuillé, empli d’une tristesse indicible et plein d’appréhension que je quittais deux ans plus tôt ma petite vie bien rangée de jeune jacmélien pour le tumulte des grandes rues de Port-au-Prince.

Ne fut-ce alors ma surprise quand une femme chaleureuse aux dents blanches, et aux cheveux colorées m’accueillit, se présentant comme la femme de mon père. Lui, une femme, je n’en revenais pas. Il avait tout d’un loup solitaire.

  • Tu as bien dormi Philippe ?
  • Oui merci, Jessica, et toi ?

Je trouvais cela incongru qu’on ait ces échanges le matin, mais j’ai vite remarqué qu’elle y tenait, donc j’ai joué le jeu. Je ne pus m’empêcher de jeter un coup d’œil à mon père. Cherchant dans ses yeux une certaine accusation mais,  ils étaient, comme toujours, vides d’expression. Ravagé par une maladie incurable comme me l’avait expliqué Jessica, mon père n’était plus, depuis quelques temps, que l’ombre de l’homme dynamique et fort qu’il avait été. Il passait le plus clair de son temps enfermé dans sa chambre à broyer du noir comme s’il n’avait plus le droit d’en sortir.

Je ne ressentais pas particulièrement un grand embarras vis-à-vis de mon père qui de doute façon n’y voyais que du feu. Comment cela se faisait-il ? Pourquoi ne se rendait-il pas compte que sa femme ne dormait plus dans leur chambre ? Ces questions me trituraient l’esprit mais je n’avais jamais osé demander quoi que ce soit à Jessica. En fait je faisais toujours en sorte de ne pas étendre des conversations avec elle. C’est elle qui me gênait en vérité, elle n’était pas ma maman mais elle aurait pu l’être et ce qui passait entre nous la nuit ne devrait avoir lieu qu’entre un couple ou du moins des personnes de la même tranche d’âge  qui ne partageaient aucun lien de parenté. Je m’avisai qu’elle en était consciente aussi car dès le début elle me fit jurer de ne jamais raconter cela à personne insinuant d’une voix mielleuse rempli de menaces voilées que  je risquerais, si je le faisais de me retrouver à la rue car personne ne me croirait…

 Je la crus sur parole. L’angle sous lequel elle présentait la situation finit par me convaincre de ne pas faire de vagues. Elle avait toutes les cartes en sa faveur. C’était la femme de mon père et ça se voyait qu’elle le menait par le bout du nez, une femme respectable en soi. Personne en fait ne mettrait sa parole en doute contre un petit provençal qui menait la belle vie à Port-au-Prince grâce à la générosité de son père et de sa belle-mère. Alors qu’ils auraient pu le laisser aux bons soins de ses tantes déjà très pauvres sans trop se soucier de lui. Je me suis alors tu. Et ceci même dans le  noir de ma chambre quand elle me chevauchait avec une ardeur qui me donnait mal au dos ; elle hurlait, poussait des soupirs et des râles alors que moi  je restais muet, absolument muet.

Comme je faisais de mon mieux pour éviter tout tête-à-tête avec le couple Jacob, je finis très vite mon assiette.

  • Merci Jessica. Au revoir papa, au revoir Jessica.

Elle répondit pour deux

  • Au revoir ! Fais attention à toi.

Puis, l’Eternel baiser sur le front. Je courus presque rejoindre le chauffeur de mon service d’abonnement qui m’attendait déjà devant la porte Il. voulait éviter les embouteillages monstres qui siégeaient les rues de la capitale même aux heures les plus matinales. Il faisait tous les jours deux fois le parcours Pétion-Ville, rue Lamarre, devant le Petit Séminaire Collège St Martial, sa voiture bondée d’adolescents bruyants.

 Environ quarante cinq minutes plus tard, nous étions devant mon école, ma bouée de sauvetage et mon échappatoire. Bien qu’au début, son immensité m’intimidait un peu. Je ressentais toujours cette liberté et cette quiétude d’esprit en y pénétrant. En parlant de quiétude d’esprit je devais à tout prix éviter mon ami Junior aujourd’hui, qui  ne me lâchait pas avec son histoire de branlette. Ce sujet me mettait sacrement mal à l’aise bien qu’il fût d’actualité parmi tous les adolescents, surtout ceux qui comme nous, à 15 ans découvraient à peine ce monde peuplé de plaisir et de volupté. Junior, contrairement à moi avait déjà commencé à le faire.

  • C’est le paradis je t’assure. On a l’impression de quitter terre, c’est…

Il ne s’arrêtait pas depuis la semaine dernière, quand il comprit que je n’y connaissais rien.

  • Franchement, t’es sérieux, tu ne l’as jamais fait ?
  • Non répondis-je, j’aime prendre mon temps, tu me connais.

– Sornettes! T’as carrément un problème, ne viens pas me servir cette salade. C’est un passage obligé, un moment d’apprentissage très important… Que feras tu quand il faudra vraiment que tu t’y mettes,  -et comme je le regardais bizarrement-  je veux dire que tu le fasses pour de vrai, avec une fille  -puis une lueur moquerie dans les yeux-  à moins que pour ça aussi tu veuilles prendre ton temps. D’ailleurs, je ne t’ai jamais vu aborder une fille. Tu sais je suis ton ami, et je ne vais pas te laisser passer à coté de ta jeunesse.

  • Devoir de maison : ce soir en prenant ton bain, tu apportes avec toi du champoing, ton téléphone….

C’en était trop, je n’eus plus la  force d’écouter quoi que ce soit et je m’enfuis en courant lui disant de me laisser tranquille, qu’il était trop casse pieds et que je l’emmerdais. Mais rien ne l’avait arrêté, il continua pendant toute la semaine à jouer son rôle du parfait copain casse pieds qui ne voulait que du bien pour moi.

  • Tu dois essayer !

Je ne pouvais pas lui dire que j’avais déjà essayé une fois et que ça n’a pas marché. Il se serait alors conforté dans l’idée que j’ai un problème et ne se serait pas arrêté avant d’avoir trouvé une solution. D’autant plus, je savais que je n’avais aucun  problème car Jessica arrivait toujours à me le faire. Elle prenait mon sexe entre ses mains toujours moite en faisant des mouvements de va et vient avec une lenteur mesurée. Pendant ces moments-là, je sentais des fourmillements partout dans mon corps,  j’essayais de me libérer, cherchais à m’accrocher quelque part me retenant de crier pendant qu’elle accélérait le rythme… Je ne savais pas trop ce que j’étais censé ressentir ou même si j’aimais ce que je ressentais  contrairement à mes copains qui ne tarissaient pas d’éloges  à propos d’une bonne dose de 1LP. Il y en avait même qui avaient déjà couché avec une fille et d’après eux c’était le paradis. Moi je cogitais toujours… Aimais-je ce que Jessica me faisais ou pas ? Serait-ce la même chose avec une fille de mon âge ? Que diraient mes amis s’ils l’apprenaient ?  Et tant d’autres questions pour lesquelles les réponses ne venaient pas.

Oh non la poisse ! Junior s’avançait vers moi, son sempiternel sourire aux lèvres. Avant que je n’aie eu le temps de m’échapper en douce, il fondait déjà sur moi.

  • Eh ! Te voilà enfin, pourquoi est tu venu si tard aujourd’hui ? T’as raté ton abonnement ? Mais non ! (une leur de victoire dans les yeux) tu as des cernes ! Tu n’as pas beaucoup dormi pendant le week-end hein ? Humm, tu l’as fait c’est ça! (ses yeux s’enflammant encore plus)
  • Mais qu’est ce qu’… ?
  • Oh s’il te plait Philippe, cesse de jouer les prudes, tu sais parfaitement que ca ne marche pas avec moi. Je suis un expert mon pote. Alors raconte ! C’était comment ?

Je compris immédiatement de quoi il voulait parler mais je refusais d’avoir ce genre de conversation si tôt. Il me fallait d’ailleurs réfléchir pour trouver une façon de lui faire avaler un truc ni trop mensonger, ni trop révélateur. Ce qui m’échappait pourtant c’est pourquoi remarquait-il que j’avais des cernes ce matin seulement alors que j’en avais toujours. Peut-être que Jessica forçait trop sur corde ces temps-ci. J’essaierai d’avoir une conversation avec elle…

  • Ah ! (faisant semblant d’avoir l’air détaché avec un faux sourire en coin) Bien sûr, mais je n’ai pas eu le temps de terminer mon devoir de géométrie et tu sais comment est madame Jeanty . Un piètre mensonge je le sais mais il fallait que me débarrasse de lui.
  • Aucun problème frérot, tu peux prendre tout ton temps, aujourd’hui tu es le Boss. Et puis tu sais, je peux te filer la résolution sachant que tu l’as négligé pour la bonne cause.
  • Je te remercie vraiment mais je tiens à le faire tout seul. Je vais à la bibliothèque, on se retrouve en classe.
  • D’accord Einstein. A tout à l’heure.

Il jubilait et moi je voulais rentrer sous terre tant je redoutais le moment ou je devrais parler cul à mon meilleur pote. Ce qui me tracassait encore plus c’est que, je trouvasses gênant  ce qui devais être normal à mon âge et qui l’était pour tous mes camarades de classe. Je ne savais pas pourquoi, ou peut-être que, oui, je savais. C’est parce qu’aucun de mes camarades n’avaient de relations sexuelles quotidiennes avec la femme de leur père. Je sentais que ma situation n’était pas commode et qu’elle susciterait trop d’attention et de curiosité si j’en parlais sauf que je ne pouvais pas mettre un nom là-dessus.

  • A tout à l’heure !

Ah je l’avais échappé belle ! Rien pour une courte durée, je ne le savais que trop. Pourtant ma chance ne dura que quelques heures, à peine la professeure avait-t-elle quitté la classe et que la cloche annonçait la recréation que Junior relançait son offensive

  • Alors…
  • Quoi, tu n’as pas l’intention de me laisser manger.
  • Et depuis quand prendre un repas empêchait aux êtres humains de parler Philippe ? Allez viens, je veux tous les détails bruh !

En fait, ce ne fut même pas difficile. Je savais exactement ce qui se passait lors d’une séance de masturbation. J’étais un adolescent du vingt et unième siècle et ces choses là n’avaient pas de secret pour moi. Aussi,  je lui fis un discours enflammé sur ce que j’ai ressenti en puisant dans ce qu’il m’a raconté, mes lectures sur le sujet mais aussi et surtout dans mes petites expériences nocturnes avec Jessica. Je redoutais qu’il me pose plein de questions mais il se contenta de hocher la tête et de sourire comme un papa débordant de fierté pour sa progéniture.

  • Ah oui mon frère, tu commences à devenir un homme ! On doit passer à l’étape suivante maintenant. Tu viens à la journée récréative de ce samedi.
  • Je ne savais pas comment mon ami définissait un homme mais selon mes critères , j’étais très loin d’en être un. Et devinant ce que prochaine étape signifiait pour lui je lui déballai un paquet de raisons aussi nulles l’une que l’autre pour lesquelles je ne pouvais pas m’y rendre.
  • No way Philippe, tu viens avec moi, pas de débat s’il te plaît.

                                                                        …

Malgré tous mes efforts pour le convaincre, Junior ne mordit pas à l’hameçon, il alla jusqu’à en parler personnellement à Jessica.

  • Tu es un parfait gros naze tu sais, ta belle-mère est d’accord et toi tu fais le con !

Mon problème n’a jamais été une question de permission. Jessica ne me refusais jamais rien. Elle ne jouait jamais les méchantes belles-mères, elle était gentille et me passait tout sauf peut-être le soir où  elle devenait exigeante et autoritaire. Je ne voulais pas y aller parce que je savais qu’il souhaitait me faire rencontrer des filles. Je n’étais pas du tout prêt pour ca, Primo je ne saurais pas trop quoi dire à une fille et secundo parce que je savais comment s’évoluerait une éventuelle relation amoureuse après quelque temps. Le sexe ne représentait pas pour moi ce qu’il représentait pour ceux de ma génération, Eux ils en étaient obnubilé, en partie à mon avis, parce qu’ils ne l’avaient pas découvert de la même façon que moi. Alors qu’eux ont commencé par regarder des films adultes puis embrasser des filles. Moi j’ai eu plutôt droit à une visite tardive de ma belle-mère venu me toucher et me faire faire des choses bizarres sous prétexte de me tenir compagnie la nuit.

Je n’aimais pas trop le fait que Jessica ne respectât pas mon intimité, elle me touchait partout comme si c’était son propre corps et je n’avais pas le droit de refuser. Elle avait envahi mon espace privé sans ma permission et me faisais faire des choses qui ne plaisaient pas trop. A vrai dire je n’aimais pas du tout le sexe alors que tout le monde n’en disait que du bien, même ma belle-mère. Je me suis alors dit que c’était sûrement bon avec quelqu’un de son âge mais Jessica n’avait pas mon âge, pourtant elle adorait ça. Je devais avoir un problème !

                                                                  …

  • Philippe !

Elle poussa comme à l’accoutumée la porte sans attendre la permission d’entrer, sauf que ce soir elle allait avoir la surprise de sa vie. Alors qu’elle s’avançait en enlevant sa peignoir sous laquelle elle était toute nue, elle remarqua très vite que j’étais occupé à parler au téléphone

  • Je suis là Philippe !
  • C’est qui ? Entendis-je à travers le combiné.
  • Ah ! C’est ma belle-mère, elle était venue prendre de mes nouvelles.

Elle écarquilla les yeux ayant comprit que je n’avais nullement l’intention de raccrocher et qu’indirectement je la renvoyais. J’ai cru une seconde qu’elle allait m’arracher le téléphone des mains mais elle n’en fit rien, jugeant sûrement que ce serait dangereux et inutile de livrer bataille pour un territoire déjà conquis. En plus Jessica était une personne calme, elle ne s’emportait pas, ne faisait jamais de scènes. Du moins c’est ce que j’ai cru car à peine avais-je franchi la porte de la salle à manger le lendemain matin qu’une pluie d’injures et de reproches m’accueillit en pleine face. Une Jessica rouge de colère et de ressentiment remplaçait la femme généreuse et attentionnée qui me servait le déjeuner le matin. Je la trouvai assise au bout de la table le visage fermé.

  • Alors maintenant, tu ne quittes pas le lit avant dix heures !
  • Comment ça, on est samedi non! Je n’ai guère besoin de me lever tôt un Samedi rétorquai-je nonchalant tout en prenant place en face d’elle.
  • Où est papa ? Je ne l’ai pas vu.
  • C’était qui la pimbêche avec laquelle tu parlais si tard la nuit ? Elle n’a pas de parents ? Comment peux-tu passer autant de temps au téléphone Philippe ?  Tu n’as rien d’autres à faire ? En plus qui t’as donné le droit d’être si arrogant avec moi ?

J’étais tellement sonné que je déglutis avec difficulté la bouchée que je venais de prendre. Je n’ai pas vraiment compris où elle voulait en venir jusqu’à ce qu’elle me sorte la dernière phrase. Comme ça, elle était vexée de ne pas avoir eu ce qu’elle voulait pour une fois. Elle se sentait comme menacée.

  • Je suis désolé Jessica mais je parlais à une amie,  qui n’est pas une « pimbêche » comme tu le dis. Je ne pouvais pas tout bonnement la renvoyer d’autant plus que je n’aurais pas su lui expliquer pourquoi.

Ses yeux lançaient des éclairs, saisissant immédiatement mon sous-entendu. J’y lus aussitôt en lettres enflammées «  Tu as intérêt à ne jamais lui  en parler. »

  • Je t’ai rien demandé Philippe, tu avais simplement à ne pas l’appeler si tard. En plus où as-tu trouvé cette amie ?   Quel genre de relation entretiens tu avec cette fille pour lui parler aussi tard dans la nuit ?
  • C’est un peu mon affaire.
  • Tant que tu vivras sous mon toît, tes affaires seront les miennes Philippe!

Je n’osai pas la contredire, j’avais d’ailleurs fini par comprendre que c’était elle qui dirigeait cette maison et qu’elle gardait mon père sous sa coupe. Il se comportait toujours comme un zombie, il hochait la tête à toutes les suggestions de Jessica et ne lui refusait rien.

  • On s’est rencontré à l’activité organisée par mon école le mois dernier. C’est mon amie…
  • Depuis tout ce temps, tu lui parle à mon insu ? Qu’est ce qui se passe entre vous ? Elle te plaît ?

Ces questions qui auraient dues être normales émanant d’une maman ou toute autre personne jouant le rôle, devenaient  très gênantes provenant d’elle. Surtout qu’elles n’étaient guère empreintes de la bienveillante  curiosité maternelle mais d’un tout autre sentiment… La vérité me frappa de plein fouet ; Jessica  faisais une crise de jalousie. Les mots ; amante, maitresse, sexe, pédophile, entreprirent, dans ma tête une valse macabre. J’eus comme une révélation, pour la première fois, je commençais à mettre un nom sur ma relation spéciale avec ma belle-mère. Ses dernières paroles ne furent pas moins significatives.

Les jours qui suivirent je multipliai les recherches tant j’étais intrigué et mal à l’aise. J’ai appris que je n’étais pas le seul dans cette situation et que j’avais le droit de porter plainte…A ce qu’il paraît je subissais des viols même si on mettait plus l’accent sur la pédophilie. Comment un garçon pouvait- il être violé ? Tout le monde disait le contraire . Comment me regarderait-on si je portais plainte ? Je me ferai peut-être ridiculiser… J’étais à toutes ces cogitations quand l’état de mon père empirait peu à peu. Jessica, sentant que quelque chose clochait resserrait son étau. Elle commençait à venir me voir même pendant la journée.

Aujourd’hui j’ai seize ans et mon amie voudrait que notre relation évolue vers quelque chose de plus intime mais j’hésite. J’ai suffisamment lu pour savoir que mes expériences avec Jessica pourraient tout gâcher le moment venu.

Je la déteste, je me déteste aussi parfois. Mais je n’ose rien faire, je suis déjà en position de faiblesse. J’espère seulement qu’un jour tout cela cessera et que je pourrai enfin vivre en paix…

Lewinskie Laveaux


Note de l’équipe Pergola :

Les violences sexistes et sexuelles dont sont victimes les hommes, en particulier les jeunes adolescents et petits enfants, sont généralement invisibilisées en raison de plusieurs tabous et difficultés persistantes au sein de nos sociétés :

  1. La perception selon laquelle les hommes doivent être forts et invulnérables les rend réticents à signaler les violences sexistes qu’ils endurent, par crainte de paraître faibles ou peu virils.
  2. Les stéréotypes de genre prédominants associent généralement la violence et l’agression aux hommes, créant ainsi une perception erronée selon laquelle ils ne peuvent pas être victimes. Cela conduit à une sous-estimation systématique des violences sexistes qu’ils subissent, notamment le harcèlement, les agressions sexuelles et la violence domestique.
  3. Le manque de ressources spécifiques et adaptées aux hommes victimes de violences sexistes et sexuelles constitue un autre obstacle majeur. Les structures d’aide existantes sont souvent axées sur les femmes, laissant peu d’espaces sécurisés et de soutien pour les hommes qui en ont besoin.
  4. La pression sociale pour conformer à des normes masculines rigides rend difficile pour les hommes de se confier et de chercher de l’aide. La peur d’être jugé, ridiculisé ou même accusé de mensonge est un facteur dissuasif significatif.
  5. La banalisation ou la minimisation des violences sexistes et sexuelles à l’encontre des hommes contribue également à leur invisibilisation. Les récits et les représentations dominantes se concentrent souvent sur les violences faites aux femmes, laissant peu de place aux histoires des hommes victimes.
  6. La complexité de la dynamique des violences sexistes et sexuelles, qui implique souvent des rapports de pouvoir et de domination, rend difficile la reconnaissance des violences subies par les hommes. Cela entraîne souvent une méconnaissance ou un manque de compréhension de ces violences et de leurs conséquences sur leur bien-être physique et psychologique.

Pour approfondir le sujet

Connaissez-vous des structures et associations qui ont des actions spécifiques contre les violences sexistes et sexuelles subies par des hommes ? Dites-le-nous en commentaire.

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