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A nos rêves envolés

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À nos rêves envolés

Elle fait partie de ses âmes ligotées à la merci d’un monde impitoyable.

Son cœur est grand, mais noyant quotidiennement dans une profondeur de tristesse.

Elle est belle, mais son visage s’est ridé sous l’effet d’un temps mangeur de rêve.

Ses rêves, c’était sa raison d’exister, mais elle les a vus s’envoler un par un.

On lui conseillait d’être réaliste, car des projets, on n’en fait pas dans ce coin de la terre.

Car les rêves, ne sont pas faits pour être réalisés, mais pour être nourris et se disperser dans une bouée de fumée de caoutchouc, dans la danse avilissante d’un système que personne n’identifie, dans des caresses maldonnes d’une infinité de semaines de pays lock.

Les rêves, ils restent bloqués derrière des barricades contrôlées par des voyous érigés en briseurs de système invisible.

Car les rêves, ils meurent dans de terribles accidents sur des routes remplies d’huile parce qu’il faut suivre les conseils d’un sénateur cinglé mais qui sait peut-être lire les chiffres romains.

Car les rêves, ils doivent traverser Martissant, Bicentenaire, Bel-Air, Delmas 2, pour atterrir sur une pile de déchets au centre-ville de la honte, ou peut-être, qui sait, dans des hangars étouffants servant de facultés.

Car les rêves, ils s’effritent parce qu’une balle « mawon » provenant de l’arme d’un bandit- leader communautaire en mal de gamines à dépuceler par la force a fait le chemin qu’il ne fallait pas.

Car les rêves ici, avant même qu’ils ne prennent vie sont mangés par les porcs dans des pelures de bananes qui devraient en temps anormal être vendues en Allemagne.

Car les rêves meurent forcément asphyxiés dans un système ayant des maîtres incernables, des gardiens trop futés pour se montrer et une myriade de victimes.

Car ici, les rêves sont tellement frêles qu’ils ont du mal à suivre un regard puant l’affabulation dans toutes ses sphères.

Car les rêves, ils disparaissent aussi vite que les caravanes détournées qui étaient censés redorer leurs blasons.

Car ici, les rêves fulminent de l’illusion que tout va bien avec nécessairement deux festivités carnavalesques par année et aucune élection pendant 5 ans.

Ici, les rêves se décomposent et empestent facilement des charognes car des idiots-mendiants- sans cœurs décident de nos destins.

Bref, ici, rêver, c’est la limite à ne pas franchir.

Parce qu’ici il reste toujours quelque part en nous une petite lueur d’espoir qui refuse de s’éteindre, alors, nos rêves, les emportera avec nous soit dans nos tombes, ou on les embarquera en terres étrangères.

 

Lire également>> Ici dans ma ville

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1 commentaire
  1. AffiliateLabz dit

    Great content! Super high-quality! Keep it up! 🙂

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