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Lumière et Humanité

Nouvel état poétique fait de lumière et d'humanité

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Nouvel état poétique fait de lumière et d’humanité

D’une oreille attentive, je perçois le cliquetis de mon être qui marche à pas de faïence et le bruissement du feuillage intérieur à qui la brise-passion confie des secrets qu’il me chuchote après. Sur la langue, toute une manifestation insulaire, furieuse, douce par moment, par une parole agile, fulgurante, tendre et peut-être avec quelques raclures. A l’instar des aubes sans nom qui se faufilent alors incognito chaque matin à travers les ombres fauchées de la nuit qui s’élancent, elles-mêmes, là-haut. Ce sera pour épeler un ciel qui y va dandy, se couvre de blanches fleurs, se pomponne de gris, se déploie gaîment jusqu’à la limite de nos pieds.

Écoutez ! Je viens d’élire domicile un peu partout où la beauté en appelle à tous les sens sans discrimination, où la tendresse des seins hardis tient en haleine le bout des doigts. Ah ! C’est que j’ai longtemps rempli mes poches d’assez de malheurs déjà, d’hymnes criblés de ténèbres. J’avais bâti ma cité, à une époque, sur les lisières franches de la douleur où j’avais hissé un drapeau de cris et de larmes, épluché chaque jour chacune de mes heures, parlé une langue de rivière fracassée et de vent qui hurle comme un vulgaire chien délaissé à minuit, en pleine rue de l’insolite. Ma douleur a toujours brouté herbe géante si bien qu’au soir je fais paître mes raisons de vivre dans ma paume, après le long périple d’une journée.

A présent, je revendique, ma part de gaieté, ma part de silence et de bonheur, ma part de la semence de lumière et d’espoir. Objectif : Mettre en marche la fabrique de lumière et de paniers solaires. Des mots volontaires pour accrocher un lampadaire à chacun des points cardinaux et distribuer les paniers à toute âme en quête de soleil. Politique de l’éblouissement.

Je revisite l’instance des souvenirs, tel un miroir magique qui livre sa voie sacrée à celui qui sait lui parler et connait la formule magique. J’aime entendre le jour éclater de rire, -ça me surprend, certes, mais j’affectionne ce geste,- et puis la nuit marcher à pas de velours après s’être fait belle pour me courtiser et me tendre toutes ses branches de cheveux de volupté. Un nouveau décret poétique est venu éditer statut et décor, ma vision s’étend sur le champs des mots qui poussent, verdissent jusqu’à devenir beauté, engagement, papillons, humanité, fleurs, femmes…

Ah ! Femmes ! Pour elles au moins, j’ai toujours porté une parole lumineuse, pleine d’énergie, une parole d’amour propulsée dans l’espace par une passion sans rivage pour bordures. Ah ! Que j’ai aimé ! Des amours que j’ai cru pouvoir placer dans l’éternité. En fait, j’aime aimer dans la grandiosité de l’acte, en dépit des fêlures profondes. Éprouver ce sentiment que la passion te met la main à la gorge. Aimer d’orage, de feu et d’étoiles. Aimer en toute opiniâtreté, dans toute la complexité du propos, dans chaque lettre du mot « amour ».

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Dans mon pays, tous les jours ont des prénoms de femme, et je les célèbre avec un autel qui vogue sur une mer intérieure à la manière d’une barque allumée qui enflamme l’eau. C’est que j’aime l’incandescent, le toucher qui embrase ma chair, mon cœur, mon moi. Les baisers immenses qui abritent des années entières dans leur seconde fulgurante. Les heures ivres de joies et d’amour qui titubent joliment et chantent seules, un samedi au faîte d’une nuit attentive et accorte.

Pourtant parfois, ces histoires, une fois mûres à cueillir, s’en vont sur la pointe des pieds, laissant des pépites d’orages qui ont bourgeonné timidement avant d’éclore violemment telle une rage trop longtemps contenue. Pis voilà, tout à coup l’aurore a un goût d’éclair calciné, le faisceau de tendresse s’éteint, le ciel tremble, éboulement du soleil, le cœur est alité comme rescapé d’une chute où il a glissé sur une pelure de figue-banane.

Je prenais tes soucis en accordéon, les éloignais l’un de l’autre de telle sorte qu’ils meurent affamés d’affection. Tu marchais sur mes eaux déchaînées avec ta voix, l’éclat de ton rire pour seul carillon que les cloches des cathédrales adoraient écouter. A deux, par la force de nos désirs, nous avions érigé un phare au bord d’un océan d’obscurité, jusqu’à le réduire à un fleuve de lucioles.

T’en souviens-tu ?  » Il est si bref l’amour et l’oubli si long « , écrivait Pablo Neruda.

Mais qu’est-ce que l’oubli ? Une espèce de rempart invisible que l’esprit se bâtit dans le labyrinthe du temps ? Un moyen de basculer quelque chose dans l’intangible, dans l’arrière-monde des pensées ? Je ne pense pas être réellement capable d’un tel acte. Je peux toujours cacher des instants, des jours, même des années à l’intérieur d’une forêt de souvenirs pour continuer à avancer mais tout est encore là.

Bref ! Je cultive mon jardin qui n’admet plus la tristesse comme treillis. De temps en temps ça peut venir, mais pas de pacte de sang où il faut plonger le doigt indécis ; c’est qu’elle a assez cabriolé dans mon chant. Ma gorge désire saluer le déploiement d’un chant de tendresse, d’humanité et d’espérance. Une nuée de mots courageux, doux qui étaient en cavale, battent déjà en retraite ; ils recolleront mes morceaux d’existence éparpillés çà et là, sur mon lit, dans mon horloge, à travers les pages de l’un de mes bouquins, dans cette bouteille de bière qui traîne sur le sol… Il y a longtemps que j’ai appris le métier d’exister dans le ventre de la tempête fauve, maintenant je veux lui lécher les parois d’une langue de feu, lui crever les entrailles et jaillir, impétueux, -geyser humain.

 

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Witensky Lauvince Le Scribe

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