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Femme de Grand-Rue

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Femme de Grand-Rue

J’ai rencontré  une princesse  de  »Grand-Rue » sur le  »Boulevard » de l’amour.  Une mitraillette chargée de mots, je l’ai escorté au village de Dieu: j’avais  peur  que mes potes du village  me chambrent. Ah! Les jaloux …

Elle était  au midi de sa jeunesse. C’était une femme  de « Grand-Ravine«  et moi homme  de  »Petit Bois ».

Je fus sidéré  d’apprendre qu’elle  avait  une carrière  à  embellir  lorsque  subitement je l’ai proposé de la doeser, mais elle n’a pas tardé à m’envoyer balader.

Acculé par sa flamme – sa cadence étrangère- effondrée sous l’effet des artifices célestes; je vacille  jusqu’à devenir frêle d’amour; donnant la chance à mon cœur de jaser, les huées de mon cœur se transforment en sueurs sur ma peau de faïence. Elle m’a laissé aussitôt, car elle n’a pas apprécié ma pulsion de lapin.

Ainsi Je reste sans mots dire, l’envie de maudire mon existence m’a saisi, et j’ai dû faire le pour et le contre; et contre tout ce qui voudrait servir d’embuche à mon amour j’étais prêt à m’insurger: j’ai été mordu d’elle.

  • Serait-il possible de la toucher une dernière fois ? 

Ô dieu de l’amour !

Son parfum me reste tel un souvenir qui chaque matin fera dresser mes poils. Ce souvenir a sur moi  les mêmes reflets  que les vagues  de la mer sur les côtes de corail. 

      Belle lurette que je n’ai pas eu de ses nouvelles, mais le hasard nous a redonné la chance de scintiller derechef nos regards. C’était un soir de bal, de Saint Valentin, d’extrême nonchalance, je la voyais  éclater en brindille d’étoiles sur le balcon par devant la salle. Tout à coup, je voyais les ampoules devenir quasi-opaque. Ivre, je titubais jusqu’à l’entrée; ayant persuadé que j’étais le prince de l’oraliture, je m’apprêtais à haranguer la foule. 

  • Vous qui avez été saturé par la lumière  de l’amour, l’amour, ce maître-dame qui nous cause tant de mal que de bien.

Hein…

Vive l’amour, quoi?

Comme je me balançais dans la foule en parlant, j’ai entendu un chuchotement qui soudain m’extasie. 

  • Seigneur des mots, homme de  »Petit bois » , vous  avez une logorrhée de mots doux !

C’est étrange!  Je sentais berner mon ego.

  •        C’est qui? Hein!

Quelle est foutre cette voix angélique ?

Elle continuait. Et cette fois sa voix résonnait en moi.

  • Danse avec moi, gentilhomme ! rétorqua-t-elle.
  • moi? Lui dis-je 

                  –    Oui toi.

Comme on partageait le même horizon, on a pu se mettre très facilement à danser.

Elle tournoyait ses hanches, elle me faisait spasmer par les lambeaux de sa jupe. Ses lèvres limpides zigzaguaient sur mon cou. Je vivais une extase infinie et sur une toile je décrivais les mille façons de la baiser. Elle envoyait avec des soupirs de fantasmes des lucioles au plafond. Tel un homme en pleine hallucination, je voyais colorier les murs de la salle en mille couleurs incandescentes.

           D’une voix ringarde, j’ai pu finalement lui demander son nom.

  • Euh… je suis Edline  de Saint-Pierre et mon père, Pierre de Saint-Pierre.

Sans avoir eu le temps de me présenter  j’ai cru  à ce mythe familial que mon père avait un enfant illégitime   …

Offusqué, mécontent, j’ai pu demander à une vielle grand-mère de me retracer la généalogie de la belle. .

Les premiers mots boiteux qui eurent la chance  de sortir de sa bouche furent :  

Ce marabout est ta sœur….

  • Ma sœur ? 

Et là un gisement de sueur perturbée sortait à haute pression dans  mes pores engraissés de regret. J’ai défloré l’existence en un jour passé dans une éternité; j’ai regardé le destin que seul le futur  définit; je me suis dit tout bas : je commettrai ce péché à la hauteur des dix commandements. 

Je suis un damné  de l’enfer de l’amour.

 EDVOLTAIRE (Eddy SAINT PIERRE )

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2 commentaires
  1. Deo dit

    Kudos @Edvoltaire

  2. Louisema Figaro dit

    Un beau texte.

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