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Sublime Adieu

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Sublime Adieu

Sublime adieu

La dernière fois qu’on s’était vus et qu’on s’était aimés, j’avais peur tu sais? Peur que tu me renies, peur que tu me rejettes parce que je t’avais blessé. Mais je m’étais dit qu’il fallait que je te voie, que je voie tes yeux. Je les ai vus et ils m’ont souri. Mais j’étais réticente. Réticente à me laisser baigner par le sourire de tes yeux, réticente à me laisser bronzer par tes regards. Et je m’en suis détournés. Je ne voulais pas me faire d’illusions, je ne voulais pas continuer à croire que tes deux petites lunes ne luiraient que pour moi. J’étais venue pour te laisser partir. Je me suis détournée des portes de ton âme et je me suis abritée sous les pas de celles de mon cœur. 

Tu ne m’as pas laissé seule. Tu ne m’as pas laissé seule avec moi même. Tu es venu. Tu es venu tout fou de charme, tout saoul d’amour. Tu es venu et tu t’es collé à moi. Et je doutais encore. Tu es venu, tu t’es collé à moi. Tu t’es collé à moi tout avide d’accords, tout ému de tendresse. Tu es venu, tu t’es collé à moi, m’invitant à une symphonie. Je restais réticente. Tu es venu, tu t’es collé à moi et je t’ai senti. J’ai senti toutes les extrémités de ton corps se réunir en un seul point palpitant. J’ai senti le manque de moi en toi. Je t’ai senti et je commençais à me dissiper. T’es tulipes humides hoquetant mon lobe ont fini par complètement me diluer.  Tu es venu, tu t’es collé à moi, je t’ai senti, je t’ai reçu. Mon accueil te fit comprendre qu’en moi aussi, il y avait le manque de toi. Tu es venu me trouvant embryonnaire, tu t’es collé à moi me passant ta sève, je t’ai senti et je me suis fait géante. 

Notre dernière fois s’est renouvelée. Ta tulipe et mon hibiscus ne se sont pas arrosés l’un l’autre. Le virus oblige. Nos fleurs ne se sont pas croisées mais ta fameuse tulipe a poussé sur mon arbre tout entier, depuis la racine jusqu’au feuillage. J’ai aimé l’avoir à ma source. 

Ce qui m’attire en l’autre ?  Sa sensibilité. Nous avons besoin de sensibilité pour réinventer le monde. Ta sensibilité a eu raison de moi. Ta sensibilité a modifié tes codes, elle t’a rendu poète. Poète d’esprit et de chair. Ta sensibilité t’a illuminé. Je me plais de l’avoir suscité. Je me complains de ne pas pouvoir toujours la raviver, la titiller. Puisses-tu trouver la sensibilité qui te complètera. Moi, je garderai la tienne dans ma mémoire. Celui de la tête, mémoire du cœur et celui du corps.

 

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Micaëlle Charliflor

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