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Self-Love

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Self love 

[14/02/2021  08 :18 :06] CRUSH : Hi babe

[14/02/2021  08 :18 :45] Vous : Bonjour bb…

19:30, le téléphone vibrait sous l’assaut des messages de ma horde de célibataires. Ce jour tant espéré par certains est pour nous pareils aux autres avec l’unique différence qu’on nous affichait en pleine tronche tout c’à quoi l’on aspirait ne serait-ce qu’un jour, sans pour autant le chercher. Mettant mon  téléphone sur silence afin d’éviter le bruit exaspérant des messages, j’en profitai pour défiler notre conversation. Résumé : tu es en ligne et toujours pas de réponse. A en croire les citations populaires ne pas en recevoir est également une forme de messages. 

Une soirée tête à tête avec mon égo s’imposait donc.

Dehors, tout était blanc rouge ou rose, les restaurants étaient complets et que dire des chambres d’hôtels. Du balcon où j’étais une pléiade des chansons les plus romantiques affolait mes  tympans, si bien que je fusse tentée de rentrer mais à l’ombre des feuilles cachant ma silhouette je ne souhaitais rater le spectacle triple x qu’offrait madame ma voisine avec ce cher Dimitri, qui de loin est le gentleman le plus fidèle qu’il m’ait donné de côtoyer surtout quand sa femme n’est pas sur le territoire. Je suppose que cela n’a aucune importance tant que la Saint-Valentin ne se fête en solitaire. 

Je revoyais d’un coup mon séjour chez ma tante où en ce jour les présents les plus coûteux offerts  à son mari servaient à raviver la flamme de leur amour alors ce qu’il n’est secret pour personne que leur fils est celui de leur ancien chauffeur. Ce dernier avait une fille dont les courbes obsédaient mon oncle, mais vu les photos récemment reçues il  va s’en dire que ce labyrinthe des sens ne peut gâcher le 14 février de ce couple on ne peut plus amoureux : chacun épris d’une personne mais bon amoureux quand bien même.

D’une part il y avait ma meilleure amie, chef de file de l’école des célibataires, raide dingue d’un idiot également sur son charme mais chacun vit sa vie comme si sentiments il n’y en avait, suffit qu’ils passent leur Saint-Valentin mal vêtus, vautrés dans leur canapé s’envoyant des piques sur leur statut rêvant secrètement de se faire l’amour. 

D’autres part, l’on retrouvait ma  cousine qui  appartenait à cette catégorie aspirant à être en couple bien plus qu’être en bonne santé toutefois le célibat lui collait à la peau tel un tatouage. Elle sera sans doute dans un restaurant prisé de la capitale avec un énième gentleman qui lui ouvrira la portière avec la même élégance qu’il écartera  ses jambes. Ce soir elle sera un énième plan cul du 14 et de tous les autres jours d’ailleurs.

La meilleure des cases était celle de ma tendre Solène, dévolue à quitter le clan cette année, elle avait accordé ce week-end festif à un assidu de la cour qui selon mon avis se débrouillait bien. Je me remémorai le calvaire des emplettes pour n’avoir que des habits neufs pour ces jours mais voilà qu’en cette matinée du 14 elle avait abandonné le bienheureux pour je ne sais quel prétexte. Ça en valait sûrement la peine parce que la Saint-Valentin de mademoiselle se passe seule devant Netflix laissant croupir ses soupirants dans son Dm ; de toute façon ce ne fût pas bien grave l’an prochain elle trouvera la même ardeur pour se préparer pour un 14 digne de ce nom qui en réalité se résumera à rester seule, parce que flemme de se faire draguer.

La case la plus sensée fût sans doute celle de la jeune fille qui habite à coté, qui sous prétexte d’un devoir incompris s’est retrouvé dans ma chambre écrivant une lettre à n’en plus finir, mais illustrant  à la perfection ses sentiments pour le jeune homme d’en face. Ce dernier gentleman, à l’avenir fera frôler la crise cardiaque à ses beaux-parents. Ne  répondant à aucun critère d’un enfant de famille, il aura du mal à trouver sa place de gendre idéal toutefois il avait une bonne âme car indépendamment de leur différence sociale la Saint-Valentin se fête quitte à endormir ses beaux-parents avec un jus qu’ils ne sauraient oublier. Oh oui ! Ça en valait la peine -surtout pour mes yeux-  car sa tête perdue entre les jambes de sa dulcinée avait le goût de l’amour inconditionnel, insoucieux des normes, et surtout de son portefeuille, à leurs yeux ne comptaient en cet instant que leur ressenti.

D’autres part il y avait moi, qui du haut de mon balcon observait la soirée du voisinage un tantinet palpitant. J’étais de cette catégorie qui mourrait d’envie d’être en couple mais qui se lassait d’essayer et qui très vite en avait marre un peu comme Solène diriez- vous mais la différence réside dans le fait qu’elle n’était pas brisée, elle avait naturellement la flemme. Contrairement à elle j’essayais constamment sans trop y croire parce que toute façon, sans orgueil prétendu, ils ne seront à la hauteur. Les hommes  détiennent avec moi le don de gaffer et je possède avec eux la faculté d’en avoir ras-le-bol en un temps éclair. 

Le cœur a ses raisons que ce dernier ignore fut l’illustration parfaite de ma situation actuelle.

En couple : aucune chance 

Célibat : le mot est un peu fort mais peut convenir…

En des termes plus simples j’éprouvais à mon grand étonnement des sentiments pour un gentleman sur qui j’aurais pu parier ma fortune – aussi inexistante soit elle-  que jamais je me serais retrouvé dans une situation aussi ambiguë avec lui. J’ignore si cela vous êtes déjà arrivé, de n’avoir qu’une  vague opinion de quelqu’un pendant que plusieurs personnes l’idolâtre mais à vos yeux, il est juste un homme sans plus ni moins. Ses qualités ne m’excitent pas,  ses défauts ne passent sûrement pas  inaperçus mais je l’aimais. Le mot est un peu fort vu le nombre de fois que je n’arrive pas à le supporter mais étant donné qu’on est le 14, ne gâchons pas l’ambiance.

Pourquoi l’aimais-je ? 

Aucune idée et je ne cherche pas non plus à comprendre étant donné ma complexité à éprouver des sentiments pour les hommes. Certaines me diraient que c’est super car ainsi se définit l’amour, n’empêche que pour le moment le grand amour en question à part un bonjour depuis ce matin n’a donné signe de vie, mais vu l’atmosphère du jour il avait d’autres chattes à fouetter mais bon impossible de lui en vouloir étant donné que la mienne n’est pas sur le marché de la baise …

D’un coup le balcon devenait moins intéressant car mes acteurs nominés avaient tirés leurs rideaux. Mon lit fut soigneusement rangé comme s’il s’attendait à recevoir un quelconque hôte mais depuis le temps je pense qu’il s’est habitué à ma seule compagnie. Tout ce que je désirais en ce jour fût un orgasme tellement puissant que je perdrai la notion de toute chose m’entourant. Mais pour que ce triomphe arrive aurait-il fallu que je puisse faire confiance pour me dévoiler nue, n’étant pas timide saurait été une tâche aisée mais la complexité de l’affaire résidait dans le fait de faire confiance. 

Confiance : élément à la base de toute relation mais d’une perplexité telle qu’un débat ne s’impose.

S’il y a une chose que je ne pouvais contrôler mais dont j’étais quasi certaine de leurs existences ce fût de mes sentiments. Les ressentis d’un autre à mon égard j’avais le choix entre prendre le risque d’y croire ou de passer à côté d’une histoire d’amour émoustillante ou aussi d’un chagrin d’amour au pire d’une dépression. Le goût du risque n’étant pas une qualité que j’ai su cultiver je me retrouvai donc en serviette après mon bain avec des sentiments qui commençaient à me taper sur le système pour un gentleman et surtout une envie qui martyrisait mon entrejambe. Voilà une façon drolatique  de fêter sa Saint-Valentin pensai-je. J’avais suffisamment d’amour-propre pour qu’être seule ne fusse pas un fardeau et comme l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même ….

Je suis de celle qui rêve qu’on puisse se soucier de son bien-être tout comme je le fais pour autrui. Que je sois la source du bonheur de quelqu’un, que mes sentiments rentrent en ligne de compte, que l’on veuille bien de mon sale caractère. Tout ceci était assez utopique raison pour laquelle ma main savait exactement où toucher et à quel rythme assouvir mes envies…

Il y a de ces fantasmes de jeune filles que l’on n’idéalise mais qu’on espère de toute âme ressemblera à la réalité. J’ai toujours voulu que ce soit une personne qui sans me toucher me mettrait dans un état indescriptible. Que ce soit une personne qui d’un regard me fera comprendre que je suis à la bonne place. Une personne dont les actes sauront me valoriser. Un être dont les sentiments seront en harmonie avec les miens.

Néanmoins certains de ces  fantasmes meurent également en grandissant, et la réalité en sera tout autre. Toute une panoplie d’exemples dont la gent masculine en a le secret m’a permis de comprendre à mes dépens que les hommes savent exactement ce qu’il te faut sans que tu n’aies à le demander mais quand il s’agit de les exécuter alors là l’erreur est humaine, les conneries qui en découlent laisseront sans voix .

Ne vous méprenez pas, ils ne sont pas tous pareils. Certains seront munis d’un doctorat et d’autres d’une simple licence. En attendant que celui qui ne fera pas d’études dans le domaine me tombe dessus, je laissai ma paume parcourir mes cuisses. Du bout des doigts je redessinai mes courbes désormais si familière. Mon corps tatoué de vergetures offrait au miroir un tableau exquis incitant aux débauches les plus éhontés. Ma peau toute fraîche fut sensible à mes moindres caresses, je ne les avais guère touchés mais déjà mes tétons se durcissaient. Pour mieux me torturer l’âme je remis ce message vocal du crush où il s’extasiait sur mes différentes tenues qui avaient su malmener sa virilité. Les phrases ne furent importantes. La tonalité de sa voix suffisait à me mettre dans tous mes états.

Les yeux fermés, j’imaginai cette voix me murmurant des propos moins pudiques. D’un doigt je tâtai l’orée de ma féminité qui en accord avec mes sens fut en ébullition, mon va et vient d’abord lent ne tarda pas à se déchaîner. La tête renversée en arrière, le dos s’arcboutant, la bouche ouverte j’atteignis mon premier orgasme. Une dizaine d’autres suivirent car aidée du vibro la tâche devenait aisée. Toutefois ce soir j’en voulais davantage. Plus les orgasmes se déferlèrent, plus j’en redemandais, plus je les voulais profond. Cette envie insatiable, presque bestiale aura raison de mon hymen.

Il est sans doute étonnant qu’à mon âge, je sois encore aux stades préliminaires des sensations érotiques mais faute de pouvoir placer ma confiance en un gentleman, ceci expliquait cela.

En me redressant sur le lit, mes pupilles se figèrent aux miroirs d’en face et d’un coup tout se mettait place. Il était d’une évidence que j’étais celle qui me connaissait mieux que quiconque, celle en qui j’avais une foi inébranlable. Alors pourquoi attendre un homme? Le temps que je tombe amoureuse et me sente suffisamment en sécurité il se pourrait que j’atteigne mes trente ans. Ce sera donc ce soir. Dans cette nuit étoilée où l’atmosphère fut dédiée à la romance, je me ferai l’amour et face à ce miroir deviendrai Femme …

Je sortis donc ce gode que mes  amies avaient eu l’amabilité de m’offrir. Avec un peu de vaseline je ferai honneur à ce cadeau, ou peut-être pas hésitai je. Allez un peu de cran ma belle ! Des hauts parleurs Bluetooth la musique préférée du crush jouait en boucle et l’imaginant à genoux devant moi, le gode atterri dans ma bouche subissant les tortures les plus exquises qui ferait envier la virilité d’un gentleman qui obligatoirement devait être là. Une main revisitait les replis de ma féminité et l’autre m’asphyxiait presque avec ce gode. Mon  corps, mon  esprit, mon âme vibraient  à la fois sous l’effet des sensations que je vivais et sous  celles que j’aurais voulu connaitre avec lui. Oh oui je l’imaginais parcourant mon corps, lui attribuant des fessées qui laisseront  ses empreintes, j’entendais le son de sa voix me disant je t’aime, ses lèvres qui déposeraient des baisers dans mon cou, sa langue qui irriterait la pointe de mes seins et ses dents qui sublimeraient mon corps de morsures.

 Je le voyais s’agenouiller entre mes jambes, le gode prit une toute autre direction, j’imaginais sa langue me fouiller à un rythme dangereusement lent, je l’introduisis  petit à petit. Je le visualisais  se redresser, m’avouant que j’étais belle et qu’il avait envie de moi  au point que ça ne pouvait attendre. Je l’imaginais me demander si j’étais prête, et comme dans un rêve je lui répondis oui haletante de plaisir. Tout comme ce jouet qui s’enfonçait en moi, je le vis entamer les premiers coups de reins prenant le temps d’y aller petit à petit sans me brusquer. Les yeux fermés, mes  gémissements furent de moins en moins suave et comme je l’avais si souvent rêvé je le vis me prévenir de la douleur qui suivra avant de s’y introduire pleinement… un cri d’animal blessé presqu’en agonie, et la musique qui jouait en boucle furent tout ce qu’on pouvait entendre dans la chambre les secondes qui suivirent.

Le temps s’était arrêté, le plaisir céda la place à une douleur pas si agréable comme le décrivait si bien les romans à moins qu’il fallait obligatoirement le faire avec un homme pour qu’il fut un tantinet semblable. Les dents serrés pour ne pas hurler davantage et avec le peu de vigueur qu’il restait à mon poignet, je retirai le gode ce qui me valut un cri presqu’aussi perçant que le premier. Au rythme que la douleur diminuait je  retrouvai mon souffle, toutefois mes jambes toujours ankylosées  étaient une sensation peu réconfortante. Je désirais me redresser afin de constater la tache de sang sur la literie mais hélas, aucun de mes membres ne voulait effectuer ce qu’ordonnait mon cerveau alors je capitulai. 

J’aurais aimé que ce soit lui, que ce soit nous, cependant il existait ce Mais indéfinissable. Je n’ai pas peur de m’attacher mais voir mes sentiments mourir plus vite qu’ils naquirent ne me tente guère. J’éviterai une peine de cœur ce soir ou je passerai à côté d’une belle histoire mais pour le savoir aurait-il fallu essayer. 

Pour le moment mis à part cette douleur j’étais sereine, ma Saint-Valentin fut audacieusement  différente. Le sourire aux lèvres je m’apprêtai à rejoindre Morphée quand mon téléphone sonna.

Une partie de moi, voulait ignorer ce coup de fil parce qu’en fin de compte, être sa propre compagnie n’est point désagréable. On se prend moins la tête, on n’est guère sous pression et toute la bonne humeur qu’accompagne le célibat, mais je ne pouvais ignorer l’autre partie qui avait tant d’amour à donner, celle qui voulait sourire et faire sourire. De plus il s’agissait du crush, pas besoin de mentionner lequel de mon côté capricieux eut le dessus car au ton guttural de sa voix je répondis :

  • Si tu as besoin de moi pour un truc ça attendra demain…
  • Bébé je suis là, viens ouvrir …..

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3 commentaires
  1. Kevin dit

    Très beau texte! 🔥🔥 Bravo à Fedline!

  2. Dorah dit

    Fedline a encore frappé !
    J’ai adoré chaque ligne. 👏🏾

  3. Peterchy dit

    Un grand bravo à Fedline et continues car le succès est sur ton chemin

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