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La belle vie à Kwabosal

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La belle vie à Kwa Bosal  Kwabosal

Bienvenue à Kwa Bosal, le fameux quartier des affaires, la zone la plus luxueuse de notre chère capitale. Ici sont installés les hommes et femmes les plus influents de la société. Du commerce de la viande à l’industrie de l’agro-alimentation, on y retrouve tous les grands entrepreneurs. Ici, c’est notre fierté à tous, un patrimoine national. Cette zone n’est pas la seule du pays, on en retrouve un peu partout d’ailleurs, mais c’est de loin la plus avancée en tout sens ; de son infrastructure à son rendement économique, elle reste un modèle de développement même pour nos voisins de la caraïbe.

Voici en quelques paragraphes, une description simple et sympathique d’une journée dans notre chère Kwa Bosal.

5h Am, temps aux ténèbres de fuir la ville des princes, le soleil s’installe à pas de tortue. Le silence furtif qui régnait dans le noir laisse la place à quelques bourdonnements lointains. C’est l’heure des bonnes gens, laissez passer les gentilshommes ! En effet, 5h est généralement l’heure de nos précieux entrepreneurs. Ils ont à peine le temps de préparer leurs établissements que quelques clients se font déjà remarquer. « Santi bon koute chè, santi bon pa ret tann » ; il est donc vital qu’ils prennent part de très tôt à cette journée d’activité.

Une layite de mouches sortant de nulle part, vient annoncer l’arrivée des plus grands liquidateurs de viande de la communauté. Cette patrouille d’insectes ayant comme mission la promotion de la bonne qualité des produits, est accompagnée du doux parfum de la chawony. Il est presqu’aussi exquis que l’odeur du cadavre d’un fœtus. Rès vyann sou tab mache anba est le précieux qualificatif de ces produits de luxe.

Ensuite, on retrouve les experts en biologie de la nation, nos pharmaciens. Ceux et celles-là sont reconnus par leurs humeurs de fête qu’ils traduisent par mille et un mot à la seconde. Ils sortent de partout pour se regrouper dans un segment de la zone, leur baz on pourrait dire. D’habitude, ils reçoivent la visite des pratik les plus âgés qui se soucient de leur santé beaucoup plus que les ti jèn. Ces fèy ont même des pouvoirs spirituels hors du commun, ils sont issus du divin.

La liste des grandons ne s’arrête certainement pas là. Parmi les gros légumes, on peut distinguer les vendeuses: les vendeuses de poissons, toujours aussi souriantes, avec leur fameuse phrase d’adieu « vòlè w vin vòlè bagay moun isi a ». Il y a les concessionnaires de riz en gros et au détail, d’huile par gallon ou par glòs et de mak aransò, enfin tous ceux qui font partie de l’élite..

La journée s’annonce bonne, il semble bien qu’il y aura la vente. Les clients défilent comme sur la piste des fashion show, ils regardent, mesurent, marchandent et passent à la conclusion, toute une répétition car aujourd’hui est jour de marché. Il est maintenant 8h, le soleil s’empare du cœur de nos amis. Le quartier s’anime de plus en plus, on sent la vie s’étaler sur leurs marchandises. Ils expriment leur amour avec les mots les plus charmants, et renvoient gentiment au diable les mamans épaves qui n’ont pas l’art de la négociation. Évidemment, il faut savoir négocier avec ces honnêtes gens, vous croyez quoi ?

11h s’annonce, on pourrait le savoir aisément grâce à l’odeur âcre qui émane de la zone. C’est un doux mélange du parfum mâle, des chiens de garde et de leurs produits de bonne qualité. J’ai failli oublié, c’est surtout une belle association des fatras piles sur piles qui leur serviront de divan à l’heure du dîner.

Le dîner se prend généralement au moment de la pause, à midi. C’est le moment où les plus célèbres chefs de cuisine entrent en scène. Ce sont des cordons bleus ces gens-là, la nourriture est meilleure de jour en jour. Aujourd’hui, le plat du chef est un luxueux plat diri ak sòs pwa, accompagné d’une sauce calalou et vyann boeuf. Ceux qui le souhaite commandent un succulent tonm  tonm benyen dans une sauce sirik. Tout ça sera apprécié d’un excellent jus manyòk qui aura comme mission de les kore pour le reste de la journée.

Une fois la pause terminée, tout le monde retourne au travail, il est temps de décider de son sort. Les produits doivent être vendus aujourd’hui même coûte que coûte. Entre-temps, l’odeur de la ville s’agrandit de plus en plus et devient une agréable réalité. Les routes sont parsemées de fleurs, on dirait que plus le temps passe, plus le décor s’embellit. La terre est moulante, quelques centimètres de boue sont étalés sur le sol en vue de rafraîchir le pied des passants qui ne distinguent plus leurs chaussures de celle-ci

Quelques femmes emmènent leurs enfants avec elles, elles veulent les introduire dans l’art de la vente dès leur jeune âge. Quel meilleur endroit pour passer sa journée quand on est enfant ? Un peu d’entre eux n’iront pas à l’école ni aujourd’hui, ni cette semaine, ni cette année… Ils en profitent donc pour passer d’agréables instants avec leurs parents, leurs héros, leurs modèles. À travers ces individus, il y a ces demi-dieux, ces hommes bien sculptés, bien mis. Ce sont des potè, des types tellement sages qu’ils accepteront de vous aider avec vos provisions. Ils circulent dans de drôle de véhicules qu’ils surnomment bourèt, ces véhicules servent à transporter vos produits

Bref, il est déjà 4h, l’instant du marcher pressé. L’orage gronde, on dirait que le ciel n’est pas heureux. Il faut alors se débarrasser des produits aussi vite que possible. Le service à la clientèle devient subitement impeccable, et oui, les gens de kwa bosal sont aussi généreux ; passez vers les 4h et ils vous offriront tout ce que vous voulez à des prix juteux.

C’est l’heure de rentrer, une ambiance de carnaval prend naissance, ils se hâtent car au plus fort de ce brouhaha s’élève un son reconnaissable. Une musique, une agréable symphonie qui traduit le plus souvent « rentrez chez vous ». Alors, tous ceux qui étaient présents raconteront plus tard qu’ils ont quitté Kwa Bosal anba katouch.

Ainsi s’achève cette belle journée, journée de joie, moment d’amour et de partage, en espérant que celles à venir seront toujours aussi amusantes, nous vous invitons à venir vivre la belle vie à Kwa Bosal.

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Kim Beljean

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