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Cœur Brisé

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Il est des personnes qui sont capables de nous faire ressentir en une semaine tout ce que les autres n’ont pas su nous faire sentir même après une éternité » 

Cette réalité a pris tout son sens avec elle. Un seul mois lui avait suffi à accaparer mon cœur, mon âme et en deux mois elle avait déjà chamboulé toute mon existence.  

Entre nous au départ ce n’était pas vraiment une évidence bien qu’au fond de moi je savais que je l’avais toujours voulu. J’avais peur que ça change tout, et comme je le craignais sa présence dans ma vie avait tout changé mais à la seule différence, ce changement avait pris une toute autre allure que je l’espérais : J’étais heureuse. Pour la première fois je pouvais répondre à cette question : C’est quoi le bonheur ?  Ma réponse : À chaque instant où nos regards se sont croisés, où à chaque fois je la regarde dormir avec l’innocence d’un bébé, de me dire que c’est mon bébé. À chacun de ces instants je me sentais heureuse. 

Entre nous c’était le coup de foudre, elle est arrivée et je la voulais à moi toute seule. Je nous imaginais déjà une vie inséparable. Au moment où mes yeux se sont posés sur elle pour la première fois, je me suis faite la promesse d’être toujours là pour elle. De faire en sorte que les malheurs de ce monde ne l’effraient point. Pour la première fois aussi je m’étais dit qu’enfin j’étais prête à tout pour protéger quelqu’un, pas n’importe qui mais celle que j’aimais vraiment. J’ai péché contre la bible qui disait « aime ton prochain comme toi-même  » car je l’ai aimé beaucoup plus que moi-même. Elle devenait mon centre d’intérêt. Je racontais à mes amis à quel point elle était extraordinaire, comment elle me rendait heureuse. J’aimais tout en elle: à commencer par ses petites mains, ses grands yeux noirs. Elle était parfaite à mes yeux. L’amour l’a rendu parfaite. 

Dans chaque relation, il y a toujours le risque que l’autre parte. Mais il n’y avait pas ce risque-là entre nous ou du moins je n’y pensais pas. Elle était faite pour moi, c’était mon cadeau divin, alors pourquoi me quitterait-elle ? 

Après un mois de la phase lune de soleil de notre relation, tout avait changé. Pas notre amour mais la distance s’y était installée, tant physique que sentimentale. Et pourtant on s’aimait. 

J’allais la voir presque chaque semaine, toujours froide et distante. Je me suis dit que ça lui passerait et qu’elle me reviendrait. Cette situation a duré exactement un mois, soit le deuxième mois de notre relation, et comme je ne m’y attendais pas elle n’y est pas revenue. Elle était partie pour ne plus y revenir, elle m’avait quitté, abandonnée. 

Tout est arrivé brusquement, quand j’ai vu sa mère, notre mère me réveiller au milieu de la nuit pour me dire qu’elle était rentrée à la maison. Je lui ai demandé où est-ce qu’elle l’avait laissé. Elle m’a répondu qu’elle était restée à l’hôpital avec une cousine. J’y ai cru un instant. En espérant que bientôt elle aussi, rentrerait à la maison. Mon espoir fut de courte durée quand j’ai vu à la lumière de la lune ces messieurs transportant cette petite boîte ayant la forme d’un cercueil dans la voiture de notre père. D’un coup j’avais compris qu’elle aussi était rentrée à la maison mais pas comme ma mère, avec un câlin. Elle était rentrée pour venir dire adieu et partir pour ne plus y revenir. C’était ma petite sœur qu’on transportait dans ce cercueil. Celle pour qui je m’étais promis de tout faire pour la protéger. Que rien de ce monde ne pourrait effrayer. C’était la personne que j’aimais beaucoup plus que moi-même. Elle avait passé un mois à l’hôpital, j’allais la voir chaque semaine tout en priant qu’elle revienne à la maison, on dirait que j’avais oublié de mentionner à Dieu combien je la voulais. Je la voulais vivante, avec ses grands yeux noirs me fixant, ses petites mains serrant mes doigts. Pas les yeux fermés avec les mains fermées et froides. Je n’ai pas eu conscience qu’à cet instant ma voix avait réveillé tout le quartier. Tout ce que je ressentais c’était mon cœur compressé, ma gorge nouée, mon envie de respirer mais je n’y arrivais pas. Tout mon monde s’écroulait pour disparaître avec ce cercueil. 

 Le lendemain en y réfléchissant j’ai capté que j’avais passé la journée d’hier à regarder la fabrication d’un cercueil sans savoir que celui-ci était destiné à être le dernier lit de ma petite sœur. Notre voisin, un vieux monsieur était ébéniste et au milieu de la journée mes tantes déjà au courant de la mort de ma petite sœur lui ont demandé de fabriquer une jolie boîte pour elle. 

Pendant que je gambadais avec mes amis sur le quartier, les racontant pour une énième fois à quel point ma petite sœur  était extraordinaire, à quel point elle était jolie et que j’avais hâte d’aller la voir à la fin de la semaine à l’hôpital ou plutôt hâte qu’elle rentre à la maison, à cet instant mon bébé avait déjà quitté ce monde. Comme ça elle ne serait pas effrayée par celui-ci, affronter la méchanceté des hommes, pleurer en essayant d’étouffer ses cris avec son oreiller comme la plupart des jeunes, comme sa grande sœur. Elle ne connaîtra pas la douleur d’un cœur brisé par amour.  Mais j’aurais aimé qu’elle les affronte, car je sais que j’aurais été là pour lui apprendre que c’était ça la vie, se faire briser puis avoir la force de se relever.  

Mon ange est parti trop tôt, ou peut-être qu’il n’aurait pas dû venir.  

Entre la douleur de son absence et la définition du mot bonheur qu’elle m’a appris en seulement deux mois, j’aurais toujours choisi d’être heureuse même avec l’instant d’un seul jour….

GEORGES Samantha Marie Judy 

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2 commentaires
  1. Colson dit

    Très beau texte!!! Merci cette histoire m’a traversée.

  2. Esperisson Espelado PAUL dit

    C’est un coup de génie que vous nous faites avec ce texte mélangeant l’amour,l’espoir et surtout la tristesse.Vous êtes sur le bon rail.Nous espérons que vous continuez à nous régaler dans le futur.Mes félicitations.

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